Baba Yaga sur World art Dubai

23.07.2019

Irina, racontez-moi pourquoi avoir utilisé l’image de Baba Yaga dans un projet d’art contemporain, et qui plus est, à l’échelle internationale ?

Quand j’étais petite, les adultes nous faisaient peur avec Baba Yaga. C’est peut-être encore aujourd’hui une pratique assez répandue. Une fois adulte et plongée dans le monde de l’art, j’ai commencé à m’intéresser à des thèmes très divers, notamment à la mythologie, surtout celle de la Russie. J’ai rencontré des faits troublants qui différaient sensiblement de ce qu’on nous apprenait à l’école. La figure de Baba Yaga n’est pas apparue dans mon travail par hasard. Ce qui m’a beaucoup impressionnée, c’est le contraste : qui était Baba Yaga pour nos ancêtres et comment son image a été transformée au cours des derniers siècles après l’introduction du christianisme en Russie. La figure de la sage magicienne, guérisseuse, tutrice et protectrice des enfants, a été remplacée par une image de vieille anthropophage sanguinaire qui faisait cuire les enfants au four. De mon point de vue, beaucoup de peurs proviennent de l’obscurantisme. Toujours est-il que les connaissances perdues sur la vie des premières générations d’habitants ont préparé un terrain fertilisé par des calomnies et des histoires épouvantables. Simplement nous avons oublié que jusqu’à la fin du XIXe siècle, la « cuisson » d’une certaine figure dans la pâte à basse température était un ancien remède très efficace pour guérir différents maux. Il est possible que les anciennes pratiques des guérisseurs, qui ont engendré ces histoires épouvantables, deviennent par la suite des thèmes particuliers de mon œuvre. C’est très intéressant.

Après avoir fait des recherches, je suis arrivée à la conclusion que la perte de connaissances sur le mode de vie et l’expérience de nos ancêtres est à l’origine de la déformation de toute une partie de notre histoire. Notamment du sens des figures mythologiques qui sont des archétypes nationaux et les sources des plus anciennes croyances du peuple. L’image de Baba Yaga en a souffert, elle aussi. Une sorcière sévère, mais juste, instructrice incarnant tout le pouvoir de l’énergie féminine, a été remplacée par une méchante petite vieille. Dans la société chrétienne patriarcale, il n’y avait pas de place pour un personnage féminin aussi fort.

Je voudrais faire quelque chose pour corriger cette inexactitude historique, pour restaurer la bonne réputation de Baba Yaga et, dans un sens, la convoquer à participer à la renaissance d’un intérêt pour la culture de l’ancienne Russie, sa richesse et son originalité. Je pense qu’il ne faut pas perdre ses « racines », ni les rejeter. L’expérience historique, quelle qu’elle soit, nous donne de la force, et une base sur laquelle construire notre présent et notre avenir. En outre mon projet appelle à développer une vision plus large, à une remise en question critique des faits et des phénomènes. Un thème de contes de fées peut devenir dans cette affaire un excellent exemple : en tirant sur un seul fil de la mythologie nationale, on peut arriver à des conclusions très intéressantes, qui contredisent des préjugés et des stéréotypes largement répandus. 


Parlez-moi en détail de la nouvelle installation. Auparavant Baba Yaga, en tant qu’œuvre d’art contemporaine, a participé en décembre 2017 à une exposition à Miami. Maintenant à Dubaï. Pourquoi précisément cette géographie, et quels changements a subis le projet ?

Ce n’est pas un hasard si le premier projet a eu lieu aux USA. Les super-héros populaires que les enfants voient dans les films et les dessins animés sont nés principalement en Amérique. Leur but est la lutte contre le mal, la défense des faibles et des opprimés. Ce sont des personnages très « jeunes » du point de vue de l’histoire, souvent leur force leur vient par hasard ou grâce à la technologie, à des expériences (parfois malheureuses). Dans le film « La Ligue des justiciers », Batman dit d’ailleurs que sa force « est dans l’argent ». Ces héros véhiculent des valeurs que la culture de masse américaine a apportées dans le monde. Mais qui est, au fond, Baba Yaga ? Dans son genre, elle aussi est un « super-héros », mais très ancien. Elle fait partie de ces personnages mythologiques particuliers qui possèdent et la sagesse, et une force surnaturelle, et une hypersensibilité à des concepts comme la justice. En outre, c’est une instructrice, c’est-à-dire qu’elle ne fait pas qu’aider à être bon, elle l’enseigne ; elle transmet des connaissances inestimables. Même les bogatyrs (analogues dans leur genre aux super-héros modernes) viennent lui demander conseil et soutien. Je voudrais faire connaître au public américain et international notre ancienne super-héroïne, qui possède les savoir-faire des super-héros contemporains et en même temps, les surpasse par son niveau d’expérience et ses capacités magiques. Peu de gens en dehors de nos frontières savent qui est Baba Yaga, il est temps de rectifier cet état de faits. Je suis très heureuse que le personnage ait plu au visiteur américain, qu’il ait suscité un grand intérêt et même fait un tabac, et que la sculpture de Baba Yaga décore maintenant la côte dans l’un des plus prestigieux quartiers de Miami.

Le premier projet était en quelque sorte une première. L’objectif de la participation à Miami était de faire connaître le personnage, l’archétype de Baba Yaga, de faire la démonstration des qualités de « l’âme russe » et des énormes possibilités de la communication interculturelle. Il faut noter que les visiteurs nous ont accueillis plus que chaleureusement, qu’ils ont posé plein de questions sur le personnage et les buts de l’installation. À Dubaï nous avons apporté un projet déjà plus compliqué à plusieurs étages, qui a reçu l’appellation de « Code culturel, ext. 007 (643 RUS) ». Le nom parle de lui-même: un code culturel formé par des générations, et des codes numériques que les pays se sont appropriés, c’est un phénomène des temps nouveaux.

Pour moi, ce projet artistique est comme une manifestation du désir inconscient des Russes de restaurer la connaissance de leur histoire et de leur ancienne culture. Sans cette base nous sommes privés d’un lien extrêmement important qui non seulement permet d’utiliser l’expérience des ancêtres, mais donne de surcroît une inspiration à la génération actuelle.

À travers le mélange de symboles anciens et actuels, je veux montrer qu’aucune culture n’existe de nos jours en elle-même ; chacune fait partie d’une « communauté » globale de civilisations et d’un processus historique. Je crois qu’il ne doit pas y avoir de domination d’une culture sur une autre. C’est bien, quand il y a de la diversité, c’est une possibilité d’apprendre les uns des autres. Les projets les plus fructueux sont souvent ceux où il n’y a pas rejet des réalisations du passé ni des particularités nationales, mais respect pour toute la richesse des codes culturels existant dans le monde. Notre code culturel russe est aussi unique que j’essaie de le montrer à travers des figures artistiques. Il est très ancien et il a une quantité de strates, dont l’étude procure énormément de plaisir, et où l’on peut puiser sagesse et inspiration. Je veux démontrer que l’ancienne culture russe présente une grande valeur non seulement pour ceux qui s’identifient au peuple russe, mais aussi dans le contexte de l’histoire et de la culture mondiale.

Dubaï est un centre économique du monde arabe très différent par sa philosophie de la vie et sa religion de la culture russe et occidentale. Dans son genre, c’est un « pôle » très singulier, avec une vision du monde où se mêlent les valeurs traditionnelles (notamment religieuses) et les toutes dernières réalisations de la civilisation moderne ; et personne n’y voit de contradiction. Voilà pourquoi c’est là que prend place un tel projet. En anticipant un peu, je peux dire que dans chaque espace, Baba Yaga apparaîtra sous un aspect nouveau avec un nouveau rôle.

Cette fois-ci Baba Yaga apparaîtra devant les visiteurs toute en blanc. Cela symbolise la pureté, l’idéal moral, la spiritualité et la vérité. Dans une discussion des prisonnières des Mille et une nuits, le blanc se nomme « la meilleure des couleurs ». On peut faire un parallèle avec la « magie blanche », par exemple. Ainsi la couleur représente la vocation de Baba Yaga, sentinelle du Bien, tant dans le monde physique que dans le monde spirituel.

Le petit banc sur lequel elle est assise est émaillé d’inscriptions runiques. Ce sont des termes empruntés à la mythologie nationale et qui font partie du code culturel russe. La technologie moderne aide à déchiffrer les inscriptions : pour ce projet a été développée une application spéciale téléchargeable que l’on peut considérer comme le code QR du banc et qui donne la signification de l'inscription, ainsi que l'interprétation artistique que l'auteure associe à ce mot. Les figures artistiques des mots sont formées de symboles – anciens et modernes.

Le banc lui-même est recouvert d’or, ce qui renvoie à un ancien culte du soleil, central dans de nombreuses cultures antiques, et qui symbolise l’immense valeur de toutes les connaissances et de l’expérience accumulées par l’humanité, l’importance des communications entre les hommes grâce à la création. L’installation est complétée par de petits objets sculptés en forme de smartphones, sur l’écran desquels sont « figés » des fragments du savoir sacré sous forme de combinaison de runes, d’éléments traditionnels de style russe et de symboles de la communication moderne. Ces objets sont des sortes de « talismans modernes de Baba Yaga » permettant de défendre et de découvrir le potentiel de tel ou tel domaine de la vie. Les hommes d’aujourd’hui reçoivent par smartphone davantage d’informations que par n’importe quel autre canal, c’est pourquoi il a été choisi comme « porteur » et transmetteur du message de l’auteure. Il y est question de l’importance exceptionnelle d’unir le national et le mondial, l’ancien et le moderne, le mystique et le rationnel.

Pourquoi utilisez-vous des runes dans le projet ? Pour la majorité des gens, elles sont associées à l’histoire des tribus germaniques et scandinaves.

Le fait d’attribuer l’écriture runique exclusivement aux tribus germaniques et scandinaves est un stéréotype qui a la vie dure. En réalité, la Russie, l’Asie centrale, le Caucase et la Sibérie utilisaient leurs propres runes. Bien que ce thème soit étudié depuis plusieurs siècles, il y a dans le milieu académique de nombreuses controverses sur les différents aspects de la question. Des nouvelles découvertes archéologiques apportent aussi des rectifications. En réfléchissant à la façon d’attirer l’attention du visiteur sur le thème de la culture et de l’histoire de l’ancienne Russie, j’en suis venue à l’écriture runique, qui est considérée encore aujourd’hui comme l’une des plus grandes énigmes, et un signe du haut niveau de connaissances du peuple antique qui a posé les fondations de notre nation.

Ce n’est un secret pour personne que l’histoire de la Russie a fait l’objet de réécritures et de déformations. Longtemps avant Cyrille et Méthode, nos ancêtres avaient leur propre écriture, dont il existe des vestiges archéologiques et documentaires. L’académicien russe V.A.Tchudinov a appelé cette écriture «runitsa». L’écriture runique slave est peut-être beaucoup plus ancienne que ses « consœurs » européennes.

Jusqu’à une époque récente, on considérait que les anciens Slaves n’avaient pas d’écriture, bien que cela soit contredit par des sources historiques.

Par exemple un exégète allemand Thietmar de Mersebourg, dans sa description du temple païen de Rétra, consacré au dieu Radegast, a mentionné des idoles couvertes de runes qui n’étaient pas d’origine germanique. Le voyageur et géographe arabe Al-Massoudi, dans ses travaux, mentionne un temple slave dont les murs sont décorés d’une écriture singulière. Un autre voyageur oriental, Ibn Fadlan, dans la description de la cérémonie de funérailles d’un guerrier célèbre, parle de colonnes funéraires avec des inscriptions mémorielles. On a même conservé un petit fragment d’écriture slave d’avant l’écriture cyrillique : la légendaire inscription copiée par l’historien Ibn-al-Nadim. On peut encore trouver confirmation de l’existence d’une écriture pré-cyrillique dans l’ancien folklore slave. Ainsi la chanson « Soud Liouboushi (Le jugement de Lioubousha) » parvenue jusqu’à nous dans un manuscrit du IXe siècle, parle de planches de bois où étaient gravées les lois selon lesquelles se déroulait le jugement.

Des livres écrits en runes russes pré-cyrilliques se trouvaient dans la bibliothèque d’Anne Yaroslavna, fille du prince de Kiev Iaroslav le Sage. Mariée au roi de France, elle apporta en dot, entre autres choses, de très précieux livres et manuscrits de Russie, dont certains en runes antiques.

D’après les chroniques on savait qu’en Russie, on écrivait sur des écorces de bouleau. À notre époque ont été trouvées et déchiffrées des lettres en écorce de bouleau provenant de divers endroits en Russie. Ce sont des documents officiels, copies, exercices de manuels, dessins, notes personnelles, contenant un lexique des plus variés, de l’amoureux à l’obscène. Cela signifie que le niveau d’alphabétisation et la diffusion de l’écriture en Russie, bien avant Cyrille et Méthode, était bien supérieur à celui d’autres états.

On a connaissance de runes altaïques découvertes sur la route qu’ont suivie les peuples au cours des « grandes invasions ». L’ethnographe norvégien Thor Heyerdahl a découvert des runes antiques dans le Caucase. Les runes d’Orkhono-Yenisei ont été découvertes par le scientifique Messerschmidt lors d’un voyage en Sibérie de 1719 à 1727, sur ordre de Pierre Ier, et déchiffrées à la fin de 1893 par le scientifique danois V. Thomsen.

Ainsi la géographie de l’utilisation des runes et le nombre de leurs variétés ne sont encore pas établis précisément, alors que les runes scandinaves sont plus connues, car mieux conservées et – pour parler un langage moderne – plus « médiatisées ».

Jusqu’à nos jours les runes ont été considérées comme des symboles très importants, on les utilise pour influencer l’entourage, comme des legs, pour la divination et la communication avec les « puissances supérieures ». L’une des fonctions de Baba Yaga comme personnage mythologique est la préservation du lien entre le monde physique et le monde invisible métaphysique, la conservation et la transmission aux générations suivantes des connaissances sacrées. Il m’a semblé que dans ce but, Baba Yaga aurait pu se servir de runes, c’est pourquoi j’ai décidé de m’en servir pour chiffrer mon « message ». Les technologies mises en œuvre dans le projet aident à les interpréter.

Pourquoi utilise-t-on dans le projet des symboles mondiaux de la communication ? La plupart appartiennent aux technologies de l’internet, qui n’ont pas de « nationalité » et sont supra-culturelles.

Les symboles nous accompagnent depuis l’apparition de l’homme. Dans le processus de développement de la civilisation, ils ont évolué eux aussi. De nos jours encore apparaissent de nouveaux signes, symboles, logotypes, désignant différents concepts, fonctions ou représentant les marques des entreprises. On peut même dire que dans le monde moderne l’archaïque tradition pictographique a pris une nouvelle vie.

Le nombre de symboles utilisés quotidiennement est proprement incroyable, et nombreux sont ceux qui ont une histoire très intéressante. Par exemple le symbole moderne de «Bluetooth» est la combinaison de runes qui signifient «H» et «B». Cette combinaison apparaît dans l’histoire en rapport avec le roi du Danemark Harald Blatand, qui régnait au Xe siècle. Il avait reçu le surnom de « Dents bleues » à cause de son goût prononcé pour les myrtilles. C’est une légende très intéressante, encore que je n’ai pas trouvé d’information expliquant pourquoi on a dénommé une technologie de communication sans fil en l’honneur d’un roi qui vivait il y a mille ans. Mais le seul fait d’utiliser d’anciens symboles ou personnages pour nommer une nouvelle technologie est très curieux et confirme que nous continuons à puiser de l’inspiration dans le passé.

Dans mon projet j’ai réuni des symboles anciens et modernes pout montrer l’importance de la continuité, de l’union des toutes dernières réalisations et de l’expérience du passé. Avec le chiffrement par des symboles runiques se crée un nouvel espace de sens, une interprétation artistique qui mêle le national et le mondial, l’archaïque et le moderne, le mystique et le rationnel.

Au cours de l’exposition a eu lieu un sondage sociologique. Quel en est le but ?

Le but du sondage est de nous former une représentation commune, de savoir si se confirme quelque chose comme des valeurs universelles, puisqu’on entend cela très souvent. Les valeurs universelles (ou simplement humaines) naissent du processus de l’action humaine et du sens qu’on lui donne, de l’appréciation subjective que font les hommes des différents aspects de leur existence. Les valeurs sont matérielles ou spirituelles, mais en tout cas elles sont établies (constituées) par l’homme, c’est-à-dire qu’elles peuvent changer et se transformer au fil du temps. Cependant il y a d’importants repères de valeurs qui ne perdent pas de leur actualité aux différentes époques et chez les différents peuples.

Comme j’utilise dans le projet des mots qui peuvent renvoyer aux catégories des valeurs universelles, il m’a paru intéressant de savoir comment les mêmes concepts sont interprétés par des représentants de cultures différentes.

Le Bien, la Paix, la Patrie, le Héros, chaque jour de l’exposition a son mot unique et son mini-sondage. Il est prévu de faire une recherche sur l’ensemble des réponses, dont les résultats peuvent servir de point de départ pour un autre projet.

Il est intéressant de noter que les trois premiers mots ont été bien compris, mais le mot « héros » a suscité des questions (pourquoi on l’utilisait). Traditionnellement on considère comme héros des personnalités (réelles ou mythiques) qui sont des repères moraux, des exemples pour la génération montante. Il était intéressant d’imaginer quels pouvaient être les héros de notre temps. Autrefois c’étaient des patriotes, des héros de la guerre, aviateurs ou astronautes, mécènes, des ascètes, des martyrs et des saints. À présent tout est beaucoup plus confus. D’une certaine manière, ces concepts se sont dépréciés – c’est en tout cas ce que pensent certains sociologues.

J’aimerais en savoir plus sur la solution technologique utilisée dans le projet. En quoi consiste-t-elle et quels en sont les objectifs ?

L’utilisation de technologies modernes dans l’installation a permis d’élargir les frontières des dimensions d’un stand d’exposition jusqu’aux possibilités de la réalité virtuelle. Toute l’équipe a travaillé dur pour donner vie à cette très importante partie du projet. Ils ont conçu et élaboré une application spéciale. Chaque visiteur qui a un smartphone peut télécharger cette appli Gala-magic et avec cela lire les codes QR cachés sur le banc. En dirigeant le smartphone sur le code QR on peut voir le déchiffrage des mots écrits en runes sur le banc, ainsi que l’interprétation de l’auteure sous forme d’images. Il y a suffisamment de codes sur le banc pour que chaque visiteur puisse se plonger dans les différents niveaux de sens du projet artistique et trouver des images qui lui parlent.

Une autre solution technologique unique et élégante permet à chaque visiteur participant au sondage de conserver la mémoire du projet et d’emporter une petite partie de réalité virtuelle. Dans ce but ont été créés des tee-shirts cadeaux « médiafootball » avec un design unique et un code QR intégré. En dirigeant le smartphone vers le code du tee-shirt, notre appli «anime» le dessin et raconte l’histoire de la Baba Yaga des temps modernes.